Histoire noire et grenelle de l'environnement: LE GORILLE


Cela fait bien longtemps qu'il a oublié l''impulsion d'origine à sa fureur. on peut affirmer sans grand risque que l'homme à quelque chose à y voir. Toujours est-il qu'aujourd'hui et maintenant, il est fou. Les autres gorilles ne l'approchent pas, il en a tué plusieurs. Les autres animaux l'évitent de la même façon et pour les mêmes raisons. Mêmes les plantes s'écartent sur son passage, le seul corps étranger qui supporte toujours son contact est le sol, ses griffes s'enfoncent dans la terre qui brûle et fume à l'instant où ses pieds se posent. Son visage est tordu par un rictus si affirmé qu'il est difficile de retrouver ses yeux son nez et sa bouche. On ne voit d'abord qu'une composition de rides et de saillies que la lumière vient creuser ou mettre en avant, une sculpture de vagues torturées qui s'ébroue quand dans un rare sursaut de vie propre le gorille hurle à travers la forêt.
Il est dans un isolement complet mais ne s'en soucie pas, il ne se soucie de rien d'ailleurs. Il est l'incarnation de la rage aveugle, il subit une explosion de colère perpetuelle qui remplit la totalité de son être. Il ne sait qu'avancer droit et détruire. Rien ne lui résiste, sa vengeance surpasse tout. La pierre fond, le vivant meurt, et ce n'est pas l'Homme qui pourra l'arrêter, des villes sont déjà tombées.
Son existence est une horreur, la constatation de la victoire des puissances négatives.

Ce gorille est l'apocalypse condensée.